Rémy Lécluse

27th Sep 2012

I have a picture on my kitchen wall of a beautiful snowy line on the Aiguille du Chardonnet.  People often ask what the picture is of.  I smile, think back to that memorable day, and tell the story.

I had a few days off in January 2010 so what did I do with them?  I had some ski lessons; steep skiing with Rémy Lécluse, lessons that were so valuable at the time but little did I know then how precious they would be to me now.

When I first met Rémy for a coffee he made it very clear that if he was going to guide me on steep slopes I had to be prepared to ski his way or we weren’t doing it.  I was happy to buy into that.  I told him that I didn’t really have any specific objectives.  I’d rather go and ski something I’d hadn’t heard of to make the most of the time with him.  I wanted an adventure and to learn along the way.  I knew he understood exactly what I wanted to get from my couple of days skiing with him and could see ideas brewing.

Our first ski together was to be a “warm up” day to practice his techniques.   A quick non-stop lap off the top bin at Les Grands Montets and he had enough time to make an assessment of me.  Whilst he was checking out conditions through his binoculars, I was catching my breath.  He asked me if I used to race, “yes” I replied proudly, pleased that he had observed that in my skiing so quickly.  “And how many times did you crash in races?”  I replied it was probably about 1 in 7.  “When you ski these types of slopes with me you can never crash.  It’s not an option.”  The message was very clear.

Then off he went breaking trail up the Petite Aiguille Verte with me hanging in behind trying to pretend I was finding it easy.  He taught me how to “crawl” up through the powder to make the uphill easier!  We stood at the top of the face and he said “Right I want to see you do 5 turns between here and there without jump turning”.  I looked at him blankly, “without jumping?”  “Yes” he replied, “You need to keep your skis on the snow”.  And so the learning began. 

He spoke to me sternly when I forgot to stop above him.  Sternly in a reassuring way; reassured that he was giving me 100% of his attention and that my safety was his main focus.  After the Chevalier couloir and a warm down in the Chapeau couloir, I was following him back through the forest.  He was doing hundreds of quick turns on a six pence down the track and I was cruising behind.  He stopped and shouted “Do you think I’m doing all these turns for my benefit?”  I guess not.  I followed behind trying to copy.  He worked me hard and he got results.  When you got a compliment you had really earned it.

With the warm up day over I was delighted with what we achieved and what I had learnt but we still had the “adventure” day to come.  Remy had some ideas of where we might go but nothing was set in stone.  His flexible approach reassured me that he was responding to the conditions in front of him.  Bring everything, be prepared to go anywhere.   It wasn’t until we skied down onto the Argentiere Glacier that he made a firm decision.  “Let’s go for the South East Couloir on the Chardonnet”.  “Where?”  He explained.  I looked at my watch.  So we are going to go from here to the top of the Chardonnet today?  I’m glad he’s breaking trail.  The conditions were perfect for skiing downhill; fresh untracked powder everywhere with little effect from the wind or sun.  But it certainly made it hard work to go uphill; again I was crawling uphill behind him. 

I didn’t take a camera.  I tend not too when I need to focus in the mountains.  It’s just another distraction.    But the memories of the descent are still vivid in my mind.  There was beautiful fresh powder all the way through the couloirs that twist between the huge red granite towers.  Remy danced down effortlessly demonstrating exactly how he wanted me to ski.  I tried to replicate it and I would hear him voice reminders when I didn’t “don’t jump” “double pole plant”.  He could fit turns in where I aspired too.  Eventually we skied out the bottom of the couloir.  I don’t remember many stops between there and the Pierre a  Ric Piste.  We skied down the piste amongst the skiers that we had begun the day with. Glancing back up at the Chardonnet, I felt quietly privileged that our day had probably been quite different to theirs.  All thanks to Rémy.

Rémy is renowned for his own personal achievements, but he also had a unique skill in guiding people in this environment too, teaching them and helping people to accomplish their goals.  He was “the Godfather” of steep skiing in every way, but he was also just a really nice bloke to be around.  It was always a pleasure to bump into him in the street or on the hill.  He had time for everybody.  I’ll continue to aspire to dance down ski slopes with the fluidity that he did, and to coach my clients to do the same.  Rémy Lécluse is the greatest loss to skiing I have ever known.


Rémy died  in the avalanche on Manaslu 8156m on Sunday 23rd September.  He was with Glen Plake and Greg Costa, and they were attempting to be the first team to ski Manaslu without oxygen.  Glen survived and Greg Costa is missing presumed dead.


Et en Francais ...

Sur le mur de ma cuisine, j'ai une image de la superbe ligne enneigée sur l'Aiguille de Chardonnet. On me demande souvent le pourquoi de cette image, alors, je souris et me souviens de ce jour mémorable dont voici l'histoire. 

En janvier 2010 j'avais quelques jours de congé et ne savais qu'en faire. J'ai pris des cours de ski sur "pente raide" avec Rémi Lécluse, et à ce moment-là je ne pensais pas qu'ils me seraient aussi précieux aujourd'hui.

C'est devant une tasse de café que j'ai fait la connaissance de Rémi, et il m'a bien fait comprendre que si je prenais des cours avec lui, il fallait que je sois prête à faire tout ce qu'il me dirait. Car, le guide, c'était lui ! Je n'avais alors pas d'objectifs précis , si ce n'est de passer le plus clair de mon temps libre en sa compagnie. J'ai su immédiatement qu'il comprenait ce que j'attendais de lui.

Ce fut tout d'abord une journée "d'échauffement", et un rapide tour non stop aux Grands Montets lui permit de se faire une idée à mon sujet. Alors qu'il examinait, aux jumelles, les conditions, j'en profitai pour reprendre mon souffle. Il me demanda si j'avais l'habitude des courses et très fièrement je lui répondis "oui", heureuse qu'il ait pu s'en rendre compte après ce tour rapide.

" - Et combien de fois es-tu tombée ? "" - 1 sur 7 " répliquai-je." - Avec moi tu ne tomberas jamais, d'ailleurs tu n'as pas le choix ! "Le message était très clair !

Et il s'élança sur la trace de la Petite Aiguille Verte. Je m'accrochai derrière lui comme si je trouvais cela facile. Il m'apprit à "crapahuter" dans la poudreuse afin de facilité la montée. Alors que nous étions au sommet de la face il me dit "- Bien! maintenant tu vas faire 5 virages sans décoller "Un peu hagarde je le regardai et dis : " sans décoller ? ""oui, tes skis doivent toujours être en contact avec la neige".  Et c'est ainsi que commença l'apprentissage.

Chaque fois que j'oubliais de m'arrêter en amont, il me regardait sévérement. En fait c'était sa manière de montrer qu'il prenait à coeur à 100°/o ma sécurité. Après le Couloir Chevalier et une descente dans le Couloir du Chapeau, nous traversâmes la fôret. Il faisait des centaines de virages courts dans un " mouchoir de poche " et j'étais dans ses traces. A un moment donné il s'arrêta et s'exclama : " Tu crois peut-être que je fais tout ça pour moi ! " Certainement pas... Je le suivis tout en essayant de l'imiter. C'était très pénible mais les résultats furent concluants. Si j'ai reçu des compliments, c'est que je les avais vraiment mérités.

Après cet "'échauffement " j'étais ravie de ce que nous avions fait et surtout de ce que j'avais appris.. Mais le "grand jour" était à venir ! Rémi avait  quelques idées mais rien de bien décidé.

" Sois prête pour aller n'importe où ". Et c'est lors de notre arrivée au Glacier d'Argentières qu'il prit sa décision. " Nous allons au Couloir Sud-Est du Chardonnet ". Après ses explications, je regardai ma montre et dis : " Tu veux dire que nous allons jusqu'au sommet de Chardonnet aujourd'hui ? ". Les conditions étaient optimales et la poudreuse fraîche et vierge de toute trace me vit, une fois de plus, crapahuter derrière lui....

Je n'avais pas pris mon appareil photo afin de ne pas être distraite de mon but initial, mais les souvenirs de cette descente demeureront à jamais gravés dans ma mémoire. Poudreuse superbe tout le long des couloirs qui serpentent entre les énormes blocs de granit rouge. Rémi descendait sans effort, me montrant ce qu'il attendait de moi. Je faisais de mon mieux, mais j'entendais toujours ses " ne décolle pas ", "plante tes deux batons ".

Enfin nous sortîmes du couloir et nous nous retrouvâmes sur la piste au milieu des mêmes skieurs que le matin. Et en les voyant j'ai su que je venais de vivre quelque chose de différent, grâce à Rémi.

Rémi est certes connu pour "son" ski et ce qu'il a fait, mais aussi par son approche unique à guider les gens dans cet environnement et à leur apprendre à réaliser leurs rêves. Il était " Le Parrain " de cette discipline, mais aussi un gars simple et gentil. Le rencontrer dans la rue comme en montagne était synonyme de plaisir, car il savait donner de son temps.

Je continuerai à descendre ces pentes escarpées avec "sa" légéreté et encouragerai mes clients à faire de même.

Rémi Lécluse est , pour moi, la plus grande perte pour le ski !

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